À travers une adolescente curieuse et des illustrations ludiques, chercheurs, auteurs et éditeurs lancent une collection destinée à faire découvrir aux jeunes lecteurs le rôle essentiel des microbes dans notre quotidien. Le premier tome du Journal de Chloé vient de paraître aux Presses Universitaires de Franche-Comté.
Un projet de recherche au service des grands défis de demain
Les microbes souffrent souvent d'une mauvaise image. Associés aux maladies et aux infections, ils sont pourtant omniprésents et indispensables au fonctionnement de notre planète. C'est ce message que souhaitent faire passer les chercheurs du projet HARMI (HARnessing MIcrobiomes for Sustainable Development) à travers un nouvel ouvrage jeunesse présenté à Besançon : Le journal de Chloé – Les microbes, mes nouveaux BFF (ou presque) – Enquête n°1. Publié aux Presses universitaires de Franche-Comté, ce premier volume s'inscrit dans une collection de livres graphiques et pédagogiques consacrée aux microbiomes et destinée au jeune public.
À l'origine de cette initiative se trouve HARMI, un programme de recherche d'excellence financé dans le cadre de France 2030 avec le soutien de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et de l'Union européenne. Coordonné par Fabrice Martin, chercheur, responsable scientifique et technique du projet HARMI, ce projet réunit des chercheurs de plusieurs disciplines autour d'une ambition commune : mieux comprendre les microbes, leurs interactions avec le vivant et leur potentiel pour répondre aux grands défis contemporains. « L'idée est d'utiliser le levier microbien pour répondre aux enjeux de demain », résume Fabrice Martin. Les recherches menées dans le cadre de HARMI concernent aussi bien la santé humaine et animale que l'agriculture durable, l'alimentation, la préservation de l'environnement ou encore l'adaptation au changement climatique.
L'interview de la rédaction : Fabrice Martin, chercheur, responsable scientifique et technique du projet HARMI
Faire dialoguer science et société
Le livre s'inscrit dans le quatrième pilier du projet HARMI, consacré au lien entre science et société. Pour les chercheurs, il était important de trouver une nouvelle manière de transmettre leurs travaux au grand public et plus particulièrement aux jeunes générations. « Nous savons que les enfants et les adolescents influencent souvent les comportements au sein de leur famille. Ils participent aux changements de demain », souligne M. Martin. L'objectif est donc double : transmettre des connaissances scientifiques tout en développant l'esprit critique des futurs citoyens. Le projet est né de la volonté des scientifiques impliqués dans HARMI de créer un outil de médiation original. Grâce au partenariat avec le Centre de Culture Scientifique Louis Pasteur, ils ont rencontré l'autrice Claire Morel et l'illustratrice Charlotte Cornudet. Très rapidement, l'idée d'un récit illustré s'est imposée.
Chloé, une collégienne à la découverte du monde microbien
Le livre suit les aventures de Chloé, une adolescente qui doit réaliser un devoir de sciences de la vie et de la Terre. À travers ses recherches, ses échanges avec sa mère et ses professeurs, elle découvre progressivement l'univers des microbes. Où vivent-ils ? À quoi servent-ils ? Pourquoi sont-ils si importants ? Autant de questions qui rythment l'enquête menée par la jeune héroïne. « Nous avons voulu montrer que ce sujet concerne tout le monde », explique Claire Morel. « Les microbes touchent à la santé, à l'environnement, à l'alimentation. Nous sommes partis de questions très concrètes du quotidien pour rendre ces notions accessibles aux plus jeunes ». Le récit mêle ainsi aventure, humour, vie quotidienne et découvertes scientifiques.
L'interview de la rédaction : Claire Morel, autrice
Une immersion au cœur des laboratoires
Pour construire l'ouvrage, Claire Morel et Charlotte Cornudet ont passé plusieurs mois à rencontrer les chercheurs du projet HARMI. Les deux créatrices ont visité des laboratoires, observé les équipements scientifiques et découvert des domaines de recherche qu'elles connaissaient peu. « Nous ne connaissions pratiquement rien aux microbes au départ », reconnaît Claire Morel. « Les chercheurs ont pris énormément de temps pour nous expliquer leurs travaux et se sont véritablement prêtés à l'exercice pédagogique ». Les scientifiques ont également participé à de nombreuses relectures afin de garantir la rigueur du contenu. « Cela nous a permis de prendre des libertés dans la narration tout en sachant que les informations seraient validées », poursuit l'autrice.
L'interview de la rédaction : Charlotte Cornudet, illustratrice et graphiste
Cinq chercheurs au cœur de l'enquête
Le premier tome s'appuie sur les travaux de cinq scientifiques impliqués dans HARMI :
Ces rencontres ont permis aux autrices de découvrir à quel point les microbes interviennent dans des domaines très différents. « Ce qui nous a frappées, c'est que les microbes peuvent parfois aider à réparer certaines des dégradations causées par l'activité humaine », souligne Charlotte Cornudet.
Le dessin comme outil de vulgarisation
Illustratrice et graphiste, Charlotte Cornudet a participé à l'ensemble des visites de laboratoires afin de nourrir son travail graphique. « J'avais besoin de voir les lieux, les machines, les panneaux de sécurité et toute cette ambiance particulière pour pouvoir ensuite la retranscrire dans les dessins », explique-t-elle. Le livre prend la forme d'un carnet de bord tenu par Chloé. Schémas, annotations manuscrites, dessins humoristiques et scènes de la vie quotidienne accompagnent les explications scientifiques. « Il faut trouver un équilibre entre une histoire suffisamment ludique pour accrocher les lecteurs et un contenu scientifique suffisamment riche pour transmettre des connaissances », précise l'illustratrice.
Déconstruire les idées reçues
L'un des objectifs majeurs de l'ouvrage est de changer le regard porté sur les microbes. Car si certains sont responsables de maladies, la très grande majorité joue un rôle essentiel dans le fonctionnement du vivant. Les microbes participent à la fertilité des sols, à la croissance des plantes, à la fabrication de nombreux aliments, à la santé humaine ou encore à la dépollution de certains milieux. « Le projet HARMI vise à mieux comprendre tous les services rendus par ces microbes », rappelle Fabrice Martin. Cette approche permet d'aborder des enjeux contemporains majeurs comme la transition agroécologique, la sécurité alimentaire, la santé publique ou la protection de l'environnement.
Un outil de culture scientifique
Au-delà de la vulgarisation, les partenaires du projet voient dans cet ouvrage un moyen de renforcer le dialogue entre la recherche et la société. Dans un contexte marqué par la circulation de fausses informations et la remise en cause de certaines connaissances scientifiques, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de rendre la science plus accessible. « Nous devons faire l'effort de communiquer et montrer en quoi la démarche scientifique est utile à la société. Il faut aussi combattre les contre-vérités et apporter la connaissance au plus grand nombre », estime Fabrice Martin.
Quatre tomes déjà programmés
Ce premier volume n'est qu'un début. Selon Reynald Cusac, responsable éditorial aux Presses universitaires de Franche-Comté, la collection comptera quatre enquêtes mettant en scène Chloé, qui grandira au fil des ouvrages. Le deuxième tome est déjà en préparation et sera consacré à la fermentation. Disponible dès à présent en librairie, ce premier opus marque le lancement d'une collection qui entend démontrer qu'il est possible de parler de science autrement, en racontant des histoires capables de susciter la curiosité tout en donnant aux jeunes lecteurs les clés pour mieux comprendre le monde qui les entoure.
L'interview de la rédaction : Reynald Cusac, responsable éditorial aux Presses universitaires de Franche-Comté
Face à des besoins toujours plus importants, l'Association Accueil Familial Bienveillant (AFB) lance un appel aux habitants de Franche-Comté prêts à consacrer un peu de leur temps à l'accueil d'enfants. L'objectif : offrir à des jeunes de 0 à 18 ans un cadre familial chaleureux le temps d'un week-end ou de vacances scolaires.
Une parenthèse loin du quotidien
Depuis plusieurs décennies, l'AFB accompagne des enfants qui ont besoin de sortir temporairement de leur environnement habituel. Certains vivent avec leurs parents, qui recherchent ponctuellement une solution de répit. D'autres sont accueillis dans des foyers ou des Maisons d'enfants à caractère social (MECS) et ont besoin de quitter, quelques jours, la vie en collectivité. « Ce sont des enfants qui ont besoin de retrouver une petite bouffée d'oxygène, de découvrir d'autres environnements et de partager des activités simples avec une famille », explique Alicia Ousella, directrice de l'association. Les accueils sont organisés uniquement durant les week-ends et les vacances scolaires, dans des familles réparties sur l'ensemble du territoire franc-comtois.
L'interview de la rédaction : Alicia Ousella
Des besoins en forte progression
L'association s'appuie aujourd'hui sur une soixantaine de familles accueillantes. Un réseau précieux mais qui ne suffit plus à répondre à toutes les demandes. « Les besoins sont de plus en plus importants et nous sommes constamment à la recherche de nouvelles familles », souligne Alicia Ousella. Les familles choisissent librement leur niveau d'engagement. Certaines accueillent un enfant quelques jours pendant les vacances, d'autres privilégient les week-ends. L'association adapte les propositions aux disponibilités de chacun.
Tous les profils peuvent candidater
Contrairement à certaines idées reçues, l'accueil n'est pas réservé aux couples avec enfants. « Quand nous parlons de familles, cela peut être des femmes seules, des hommes seuls, des retraités ou encore de jeunes adultes », précise la directrice. L'association compte par exemple parmi ses bénévoles une jeune femme de 23 ans qui accueille régulièrement des enfants durant les week-ends. Le principal critère concerne les conditions matérielles d'accueil. Chaque enfant doit disposer d'une chambre individuelle et le logement doit répondre à plusieurs exigences de sécurité.
L'interview de la rédaction : Alicia Ousella
Une sélection rigoureuse des familles
Avant toute validation, les candidats suivent un parcours précis. Un premier échange téléphonique est organisé, puis une visite à domicile permet d'évaluer les conditions d'accueil et d'échanger sur le projet de la famille. La candidature est ensuite examinée par une commission de l'association. En cas de besoin, une seconde visite peut être réalisée. Les contrôles réglementaires incluent également la vérification du casier judiciaire et la présentation d'une attestation d'honorabilité. « Nous avons une responsabilité importante lorsque nous confions un enfant à une famille », rappelle Alicia Ousella.
L'interview de la rédaction : Alicia Ousella
Une expérience enrichissante pour tous
Au-delà du bénéfice apporté aux enfants, l'accueil représente souvent une expérience humaine forte pour les bénévoles. « C'est un véritable échange. Les enfants trouvent un cadre familial où se poser et se confier. Des liens très forts peuvent se créer », constate la directrice. La plupart des familles accueillent d'ailleurs régulièrement le même enfant afin de construire une relation durable et rassurante. Si tous les âges peuvent être concernés, les demandes portent principalement sur des enfants âgés de 6 à 12 ans. L'association veille à adapter chaque accueil aux souhaits, aux capacités et aux préférences des familles volontaires.
Comment devenir famille accueillante ?
Les personnes intéressées peuvent contacter l'Association Accueil Familial Bienveillant pour obtenir davantage d'informations : AFB Besançon. Tel : 03 81 88 47 38. Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
L'association espère renforcer son réseau de familles afin de permettre à davantage d'enfants de bénéficier de ces parenthèses familiales qui constituent souvent un véritable repère dans leur parcours de vie.
L’intersyndicale féministe du Doubs appelle à un nouveau rassemblement lundi 15 juin à 19 h devant le tribunal judiciaire de Besançon, rue Mégevand. Cette mobilisation s’inscrit dans la campagne nationale portée par une coalition de 150 associations et syndicats réclamant l’adoption d’une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles. Les participants pourront lire des textes ou des poèmes en hommage aux victimes et dénoncer les violences sexistes et sexuelles. La manifestation a été déclarée en préfecture afin de garantir son bon déroulement.
Les Suisses ont rejeté ce dimanche l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions » par 54,8 % des voix. Le texte, qui visait à plafonner la population du pays à dix millions d’habitants d’ici 2050, n’a pas séduit les électeurs helvètes. En Suisse romande, le refus est net et unanime : le canton de Neuchâtel dit non à 67,3 %, celui de Vaud à 64,5 % et le Jura suisse à 59,9 %. À l’inverse, plusieurs cantons de Suisse centrale ont soutenu l’initiative, illustrant un clivage marqué entre zones urbaines et rurales.
Les groupes écologiste, insoumis, communiste et socialiste du conseil municipal de Besançon ont décidé de saisir le préfet du Doubs afin de contester l'arrêté anti-mendicité signé par le maire, Ludovic Fagaut, le 1er juin dernier. Dans un courrier commun, les élus demandent à l'État d'engager un déféré préfectoral devant le tribunal administratif et de solliciter en urgence la suspension du texte.
Un arrêté jugé disproportionné
Présenté par la municipalité comme un arrêté visant la « mendicité agressive », le texte interdit, du 1er juin au 15 octobre 2026, l'occupation prolongée de certaines parties de l'espace public entre 10 h et 20 h dans plusieurs secteurs du centre-ville de Besançon ainsi qu'à Châteaufarine. Pour les élus signataires, cette mesure va bien au-delà de la lutte contre les comportements agressifs. Ils estiment qu'elle cible de fait les personnes les plus précaires et porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales. « Cet arrêté ne protège personne, il met les plus pauvres hors de vue », dénoncent-ils dans leur communiqué.
Des arguments juridiques avancés
Dans leur recours adressé au préfet, les groupes d'opposition développent plusieurs arguments juridiques. Ils considèrent notamment que l'arrêté porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir en raison de son périmètre étendu, de sa durée de plus de quatre mois et de son caractère général. Les élus invoquent également une atteinte à la liberté d'aider autrui dans un but humanitaire, reconnue au nom du principe de fraternité, ainsi qu'au droit au respect de la vie privée des personnes sans domicile fixe. Ils soulignent notamment que la rue Champrond, incluse dans le périmètre concerné, accueille plusieurs structures d'accompagnement social, dont l'accueil de jour Jeanne-Antide.
Une demande de suspension
Les groupes de gauche estiment également que plusieurs notions utilisées dans l'arrêté, comme « occupation prolongée » ou « sollicitations à l'égard des passants », manquent de précision et pourraient conduire à des interprétations arbitraires. Au regard de ces éléments, ils demandent au préfet du Doubs d'exercer son contrôle de légalité et de saisir le tribunal administratif avant l'expiration du délai légal. Ils sollicitent également une suspension en urgence du texte.
Un débat qui se poursuit
Cette nouvelle étape relance le débat autour de l'arrêté municipal, qui avait déjà suscité de vives réactions lors de son adoption. Alors que la municipalité défend une mesure destinée à préserver la tranquillité publique et à lutter contre certains comportements jugés problématiques, ses opposants dénoncent une réponse essentiellement répressive à des situations de précarité sociale. Le préfet devra désormais décider s'il donne suite ou non à cette demande de contrôle devant la justice administrative.
Dans le cadre du Besac Antifa Fest, une journée de mobilisation est organisée samedi 6 juin place Granvelle à Besançon. Un cortège est prévu à partir de 14 heures dans le centre-ville, à l'appel d'une soixantaine de structures associatives et militantes. La manifestation sera suivie d'un village associatif de 16 h 30 à 20 h avec animations, concerts, stands et librairies alternatives. La soirée se poursuivra jusqu'à 23 heures avec un drag show, du rap et un DJ-set. L'événement est accessible aux personnes à mobilité réduite, avec une entrée à prix libre pour les animations et spectacles.
Selon une étude de l’Insee Bourgogne-Franche-Comté, près de 10 000 mariages ont été célébrés dans la région en 2024. Un chiffre deux fois moins élevé qu’il y a cinquante ans. Dans le même temps, l’âge moyen des mariés a fortement augmenté pour atteindre 39 ans, soit davantage que la moyenne nationale. L’Insee souligne également que les couples se marient plus tard, souvent après avoir eu des enfants, notamment en milieu rural. Enfin, un quart des couples étaient pacsés avant leur mariage et les remariages sont désormais de plus en plus fréquents dans la région.
Le comité de lutte social et médico-social condamne fermement l'arrêté municipal anti-mendicité mis en place à Besançon. Dans un communiqué, le collectif estime que cette mesure stigmatise les personnes en situation de précarité et ne constitue pas une réponse adaptée aux problématiques d'insécurité. Il appelle au contraire à renforcer l'accompagnement social et les services publics destinés aux plus vulnérables. Le comité invite les habitants à participer à un rassemblement organisé ce lundi 1er juin à 18h30, place Pasteur, afin de demander le retrait de l'arrêté.
Selon une étude de l’Insee et de l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté, la région comptait 97 600 personnes âgées de 60 ans ou plus en situation de perte d’autonomie en 2021, soit plus de 11 % des seniors. Ce nombre pourrait atteindre 117 000 personnes en 2055, représentant une hausse d’environ 20 % sur trente ans. Les femmes demeurent les plus concernées.
Malgré une capacité d’accueil en établissements supérieure à la moyenne nationale, l’offre reste inégalement répartie selon les territoires. Les auteurs de l’étude alertent également sur les difficultés de recrutement auxquelles pourraient être confrontés les structures d’accueil. Si le nombre de places en établissements n’augmente pas, plus de 81 000 seniors en perte d’autonomie pourraient vivre à domicile en 2055, dont 14 400 en situation de perte d’autonomie sévère.
L'arrêté municipal signé, ce vendredi, pour lutter contre la mendicité agressive et l'alcoolisation sur la voie publique à Besançon suscite de nouvelles réactions politiques. Dans un communiqué, les élus communistes bisontins dénoncent une mesure qu'ils jugent inefficace et contraire aux principes de solidarité. Selon eux, cet arrêté ne s'attaque pas aux causes de la précarité mais cherche avant tout à éloigner les personnes les plus vulnérables des secteurs les plus fréquentés du centre-ville. Ils estiment que la pauvreté est ainsi rendue moins visible sans être résolue.
Battant au cœur des inquiétudes
Les élus reconnaissent l'existence de difficultés réelles dans le quartier Battant : alcoolisation, mendicité, précarité et troubles à l'ordre public. Mais ils considèrent que les réponses apportées sont essentiellement répressives. Ils pointent notamment le projet de déplacement de la Boutique Jeanne Antide, structure d'accueil de jour installée rue Champrond. Selon les chiffres avancés dans le communiqué, l'établissement accueille chaque année près de 1 550 personnes différentes et distribue environ 16 000 repas chauds. Il propose également des douches, une laverie, une bagagerie et un accompagnement social et médical. Pour les élus communistes, éloigner cette structure du quartier reviendrait à fragiliser davantage les publics qu'elle accompagne.
Une autre vision de l'action sociale
Le communiqué met en avant les dispositifs développés sous la précédente municipalité : renforcement de la Boutique Jeanne Antide, travail du Service d'accueil et d'accompagnement social du CCAS et présence de médiateurs sociaux dans les rues du centre-ville. Selon les élus, ces actions reposaient sur une logique d'accompagnement, de prévention et de création de lien avec les personnes en difficulté, plutôt que sur une politique d'éviction.
Des critiques appuyées sur des avis extérieurs
Les élus communistes rappellent que le Comité européen des droits sociaux a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, estimant qu'ils renforcent l'exclusion sociale. Ils citent également les réserves exprimées par des travailleurs sociaux et par la Ligue des droits de l'homme, qui considère ces mesures comme « inhumaines, inefficaces et dangereuses ».
« Combattre la pauvreté plutôt que la cacher »
Pour les signataires, la politique municipale vise davantage à améliorer l'image du centre-ville qu'à résoudre les difficultés sociales. Ils dénoncent la création de quartiers « carte postale » où la pauvreté serait simplement déplacée vers des secteurs moins visibles.
Les élus communistes appellent ainsi à privilégier une approche globale associant accompagnement social, accès au logement, lutte contre les addictions, prévention et développement économique local. Selon eux, les problèmes rencontrés dans le quartier Battant nécessitent des réponses de fond plutôt qu'une stratégie d'embellissement urbain.