L’Observatoire de l’extrême droite en Franche‑Comté vient de présenter, à Besançon, les premiers résultats de son travail d’analyse et de synthèse. Créé en 2025, ce projet associatif entend documenter un phénomène souvent évoqué dans l’actualité régionale, mais rarement étudié de manière structurée. L’un de ses représentants, le journaliste bisontin Toufik de Planoise, détaille les objectifs et les méthodes de cette initiative.
L'interview de la rédaction : Toufik de Planoise
Un outil pour comprendre un paysage fragmenté
Selon l’intervenant, l’Observatoire est né d’un constat simple : « On parle beaucoup de l’extrême droite dans la région, mais il n’existait pas de travail empirique rassemblant les données issues du terrain, qu’elles soient militantes, universitaires ou journalistiques ». L’ambition affichée est donc de proposer au grand public une plateforme de référence, capable de replacer les événements, les organisations et les idées dans une perspective historique et factuelle. La conférence a permis de présenter les grands axes de cette plateforme : cartographie des groupes, repères historiques, analyses thématiques, et contextualisation d’événements marquants. L’objectif est de rendre lisible un paysage décrit comme « éclaté, mouvant et parfois contradictoire ».
Des mouvances multiples et parfois opposées
L’Observatoire insiste sur la diversité des courants présents en Franche‑Comté : mouvances religieuses traditionalistes, groupes identitaires, courants néonazis, nationalistes et structures associatives ou électorales. « On devrait parler des extrêmes droites », souligne Toufik de Planoise, rappelant que ces groupes peuvent être indépendants, voire rivaux. Certains s’inscrivent dans le champ électoral, d’autres dans des logiques plus radicales, parfois violentes.
L'interview de la rédaction : Toufik de Planoise
Un contexte électoral qui interroge
À l’approche des élections municipales, l’Observatoire note la difficulté d’identifier clairement certaines listes, souvent présentées comme « sans étiquette » ou « divers droites ». Toufik donne l’exemple de Saint‑Claude (39), où des soutiens d’extrême droite ont déjà pesé sur des scrutins passés, illustre selon lui la complexité du terrain. Il est rappelé que la présence électorale de ces courants n’est pas nouvelle : « En 2002, Jean‑Marie Le Pen arrivait en tête dans les quatre départements de la région. Et dès 1958, des candidats d’extrême droite figuraient au second tour dans le Jura. » L’enjeu, selon lui, est donc moins de dramatiser que de contextualiser.
L'interview de la rédaction : Toufik de Planoise
Violences, symboles et limites de la liberté d’expression
L’Observatoire a également présenté un recensement des agressions, menaces et actes violents attribués à des mouvances radicales entre 2021 et 2025. Certaines affaires récentes, impliquant notamment des individus se réclamant de courants néonazis, ont été évoquées pour illustrer les dérives possibles. Interrogé sur la frontière entre liberté d’expression et incitation à la haine, Toufik de Planoise rappelle la jurisprudence : « Dès lors qu’il y a atteinte à la dignité ou à l’ordre public, on sort du cadre légal. Les appels explicites à la violence ne relèvent plus de l’expression, mais de l’abus ».
Pour tout savoir sur l'observatoire et son travail : https://obex-fc.net/
La protection judiciaire de la jeunesse recherche des familles d’accueil pour accompagner des adolescents suivis par la Justice. Ces familles offrent un cadre stable à des jeunes en difficulté, tout en étant indemnisées 45 euros par jour et par jeune, frais pris en charge par la PJJ. Il faut surtout des qualités d’écoute, de patience et d’autorité. Infos et candidatures sur le site La Justice recrute : https://lajusticerecrute.fr/famille
La Ville de Pontarlier participera à la campagne de recensement menée par l’Insee du 15 janvier au 21 février 2026. Comme chaque année, un échantillon de logements sera sélectionné. Les habitants concernés recevront une lettre officielle, puis la visite d’un agent recenseur chargé de remettre la notice d’information.
Les questionnaires pourront être remplis en ligne, grâce au code d’accès et au mot de passe fournis, ou sur papier, avec l’aide de l’agent recenseur si nécessaire.
Les données recueillies permettent notamment de déterminer la participation de l’État au budget communal, d’ajuster le nombre d’élus et d’identifier les besoins en équipements publics.
À Pontarlier, la Ville propose des ateliers gratuits pour aider les débutants à mieux maîtriser le numérique. Animés par Jean‑Luc Vicaire, agent municipal "Conseiller Numérique France Services" au sein du Pôle Citoyenneté, ils permettent d’apprendre à utiliser Windows, Android ou une adresse Gmail.
Les séances durent 1h30 et se déroulent à la Maison des Associations, sur inscription au 03.81.38.81.62. Le conseiller numérique assure aussi des permanences et des rendez‑vous individuels en mairie. Pour de plus amples informations : https://www.ville-pontarlier.fr/page/vivre-a-pontarlier/vie-quotidienne-2/conseiller-numerique-france-service
Selon les derniers chiffres de l’INSEE, au 1er janvier 2023, la Bourgogne-Franche-Comté compte 2 802 670 habitants, soit 4,1 % de la population française. Entre 2017 et 2023, la région a perdu près de 8 800 habitants, confirmant une tendance déjà observée sur la période précédente, bien que plus marquée qu’entre 2012 et 2017. Dans le même temps, la population française continue de progresser.
Un solde naturel déficitaire, partiellement compensé par les migrations
La baisse démographique régionale s’explique avant tout par un solde naturel durablement négatif. Depuis une dizaine d’années, le nombre de décès dépasse celui des naissances en Bourgogne-Franche-Comté, un phénomène accentué par le vieillissement de la population. Toutefois, entre 2017 et 2023, le solde migratoire apparent redevient positif, limitant l’ampleur du recul démographique. Sans ces arrivées nettes de population, la diminution aurait été nettement plus prononcée. Ce regain migratoire ne suffit cependant pas à compenser totalement le déficit naturel.
Des dynamiques contrastées selon les départements
Les évolutions démographiques restent très hétérogènes selon les territoires. Le Doubs et la Côte-d’Or sont les seuls départements à enregistrer une hausse de population sur la période récente. Le Doubs gagne plus de 8 000 habitants, avec une croissance régulière portée à la fois par un solde naturel légèrement positif et par les migrations. La Côte-d’Or affiche également une progression modérée, essentiellement soutenue par les flux migratoires. Le Jura a perdu près de 750 locaux. À l’échelle régionale, la Bourgogne-Franche-Comté enregistre ainsi une baisse moyenne annuelle de –0,1 %, alors que la France métropolitaine progresse de +0,4 % par an sur la même période.
Les principales villes : des trajectoires différenciées
Parmi les grandes communes retenues, les évolutions sont également contrastées entre 2017 et 2023.
Besançon confirme son rôle de pôle attractif régional avec +2 555 habitants. Sa croissance annuelle moyenne atteint +0,4 %, soutenue par son dynamisme universitaire et économique.
Pontarlier se distingue par une progression rapide (+870 habitants, soit +0,8 % par an), portée notamment par l’attractivité du secteur frontalier.
Dole enregistre une légère hausse de population (+132 habitants), traduisant une situation globalement stable.
Lons-le-Saunier connaît en revanche une baisse marquée (–673 habitants, soit –0,7 % par an), illustrant les difficultés démographiques des villes moyennes éloignées des grands pôles.
Montbéliard poursuit son recul (–723 habitants, –0,5 % par an), dans un contexte de mutation industrielle.
Belfort est la commune la plus touchée parmi celles observées, avec une perte de 1 744 habitants et une baisse annuelle moyenne de –0,6 %.
Ce mercredi, sur le parvis de la gare Viotte à Besançon, le Parti communiste français (PCF) a organisé un baptême républicain en l’honneur de plusieurs personnes migrantes. Une cérémonie symbolique portée par l’élue communiste Aline Chassagne, visant à mettre en lumière des parcours d’intégration et à défendre des conditions d’accueil dignes.
Un rendez-vous désormais régulier
Ce baptême républicain n’est pas une première. « C’est quelque chose qu’Aline Chassagne organise tous les ans, et même plusieurs fois par an », a rappelé Mathieu Guinebert, conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, chargé de la conférence sociale régionale. Dans un contexte national jugé « tendu » autour des questions migratoires, l’initiative entend replacer « l’humain au centre » du débat public. Pour les organisateurs, cette cérémonie permet de donner un visage concret à ce que recouvre le terme de « migrants ». « Ce genre de cérémonie ferait taire plus d’une personne », a-t-il été souligné, insistant sur l’écart entre les discours politiques et la réalité vécue par les personnes concernées.
L'interview de la rédaction : Aligne Chassagne
Une tradition républicaine revendiquée
Les prises de parole ont également rappelé l’histoire et les principes fondateurs de la République française. « Quand on a proclamé une République universelle et choisi le droit du sol plutôt que le droit du sang, on a affirmé une vocation d’accueil », a expliqué M. Guinebert. Une vocation qui, selon les organisateurs, tend aujourd’hui à s’effacer. La critique a notamment porté sur certaines propositions politiques visant à restreindre les dispositifs d’intégration, comme la remise en cause des cours de français langue étrangère, considérés comme essentiels à l’insertion sociale et professionnelle.
Des parcours d’intégration mis en lumière
Au cœur de la cérémonie, plusieurs personnes ont reçu un diplôme symbolique de baptême républicain. Des femmes et des hommes installés à Besançon parfois depuis des années, travaillant, fondant une famille, s’investissant dans la vie associative et contribuant à la richesse du territoire. « Ce sont des personnes qui comptent pour notre pays. Sans elles, la France ne serait pas la France que l’on connaît », a insisté Mme Chassagne. Certains parcours ont particulièrement marqué les esprits, comme celui d’une personne arrivée depuis seulement un mois, déjà capable de s’exprimer avec aisance en français.
L'interview de la rédaction : Aligne Chassagne
L'interview de la rédaction : Mathieu Guinebert
Un appel à des démarches administratives plus humaines
Au-delà du symbole, le PCF a profité de l’événement pour appeler à un allègement des procédures administratives. Des délais jugés trop longs, parfois de plusieurs années, sont décrits comme éprouvants et décourageants, freinant l’intégration plutôt que de la favoriser. « Nous voulons une société sereine, vivante, pleine d’énergie, et construite ensemble », ont conclu les organisateurs, pour qui ce baptême républicain se veut à la fois un geste de reconnaissance et un message politique en faveur d’une République fidèle à ses valeurs d’accueil et de fraternité.
L'interview de la rédaction : Mathieu Guinebert
Dans le cadre du plan France ruralités, l’État mobilise en 2025 une enveloppe de près de 366.000 euros pour améliorer la mobilité et les conditions de travail des professionnels de l’aide à domicile dans le Jura. Ce soutien, inscrit dans la Loi Bien vieillir du 8 avril 2024, permettra l’acquisition ou la location de véhicules à faibles émissions, le versement d’indemnités kilométriques, l’aide aux réparations ainsi que l’organisation de temps d’échanges professionnels. Une action concrète pour renforcer l’intervention à domicile dans les territoires ruraux jurassiens.
Selon une dernière étude de l’Insee, en Bourgogne-Franche-Comté, le vieillissement de la population pourrait entraîner une hausse de 20 % des besoins en services à domicile d’ici 2050. Les ménages âgés de 80 ans ou plus seraient les principaux demandeurs, représentant la moitié des usagers contre 37 % en 2019.
En 2019, 165 000 ménages ont eu recours à au moins un service à la personne à domicile (nettoyage, jardinage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées…). Le recours augmente avec l’âge, le niveau de vie, et l’absence de proches aidants.
A Besançon. Ginko renforce son engagement contre le harcèlement dans les transports avec une campagne dédiée et des saynètes jouées à bord du tram. Le lancement a eu lieu le 25 novembre sur les lignes T1 et T2, où des comédiens ont simulé des situations de harcèlement pour sensibiliser les voyageurs.
La campagne s’appuie sur plusieurs dispositifs : le mot code Angela pour demander de l’aide discrètement, la descente à la demande après 21h, la vidéoprotection dans les bus et trams, ainsi que l’appel d’urgence permettant une intervention immédiate des forces de l’ordre. Objectif : informer, rassurer et mobiliser les usagers pour dire ensemble : « Pas de ça à bord ! »
La Ville de Besançon poursuit sa démarche ambitieuse de valorisation des femmes dans l’espace public. Par l’installation de plaques biographiques, la dénomination de nouvelles rues et la création d’un parcours patrimonial dédié, la municipalité entend rendre visible l’héritage de femmes scientifiques, artistes, militantes ou encore résistantes, longtemps oubliées dans la mémoire collective. Ce matin, une plaque a été inaugurée devant l’école Pierre et Marie Curie, dans le quartier de Palente. Elle rendant hommage à Irène Joliot-Curie.
L'interview de la rédaction : Aline Chassagne
Un parcours pour découvrir Besançon autrement
Ce parcours, pensé pour les habitants comme pour les visiteurs, invite à arpenter le centre-ville mais aussi certains quartiers périphériques à la rencontre de figures féminines marquantes. Chaque plaque comporte des éléments biographiques détaillés, permettant de contextualiser le parcours de ces femmes et de comprendre leur rôle dans l’histoire : scientifique, artistique, politique ou syndicale. « Ce cheminement permet de découvrir la ville à travers ces personnages, et de mieux comprendre leur contribution à notre société », souligne Aline Chassagne, élue de la majorité municipale bisontine, en charge de la culture et du patrimoine historique.
Une initiative pour corriger une inégalité historique
Cette action s’inscrit dans un constat largement partagé, avant cette mandature, seuls 5% des noms de rue à Besançon portaient le nom d’une femme. Pour la municipalité, agir sur ces symboles participe pleinement à la lutte contre les inégalités femmes-hommes. « Remettre les femmes dans l’espace public, c’est rappeler leur place dans notre histoire. Les rues, les places, les squares, mais aussi les statues, deviennent des supports de mémoire visibles par toutes et tous », explique Mme Chassagne. L’objectif est double : offrir une meilleure représentation féminine dans la ville et nourrir le regard des plus jeunes générations.
L'interview de la rédaction : Aline Chassagne
Un dispositif pensé pour les familles et les écoles
La localisation de certaines plaques, notamment à proximité d’établissements scolaires, n’est pas anodine. La municipalité revendique un intérêt particulier pour les relations intergénérationnelles, permettant aux enfants, aux parents, aux grands-parents et aux enseignants d’être confrontés quotidiennement à ces figures féminines. « Devant une école, on touche plusieurs générations. C’est essentiel en termes de pédagogie et de transmission. Ces femmes ont façonné notre histoire, avec un grand H mais aussi à travers des trajectoires individuelles incroyables », rappelle l’élue. Le parcours devient ainsi un outil éducatif, culturel et citoyen.
L'interview de la rédaction : Aline Chassagne
Statues, rames de tram et nouvelles rues : des hommages multiples
Au-delà des plaques, Besançon a multiplié les formes d’hommage : des statues dédiées à Henriette de Crans, Colette et Eugénie d’Héricourt, des rames de tram portant les noms d’Odile Selb-Bogé, résistante déportée, Denise Lorach, fondatrice du Musée de la Résistance et de la Déportation, ou encore Germaine Tillion, honorée une nouvelle fois. Plusieurs rues et lieux publics ont également été renommés en hommage à des femmes telles qu’Isabelle Febvay, Gisèle Halimi, Germaine Tillion, Yvonne Bühler, Paulette Guinchard, Marguerite Vieille-Marchiset, Clarisse Vigoureux, Gabrielle Petit, Assia Djebar, Hannah Arendt, Janine Andrade ou encore Yvonne Grappin.
Focus : Irène Joliot-Curie, une figure mise à l’honneur
L’une des deux plaques dévoilées ce mercredi célèbre Irène Joliot-Curie, chimiste, physicienne, prix Nobel de chimie 1935 aux côtés de son mari Frédéric Joliot-Curie, et l’une des premières femmes à entrer dans un gouvernement français en 1936. Fille de Pierre et Marie Curie, pionnière de la radioactivité artificielle, elle fut également commissaire au Commissariat à l’énergie atomique en 1945. Décédée en 1956 d’une leucémie liée à son exposition professionnelle au polonium et aux rayons X, elle symbolise à la fois l’excellence scientifique et l’engagement politique. Placée « à la croisée des chemins du quartier et des générations », sa plaque s’intègre pleinement à ce parcours de mémoire féminine.