Choix du secteur :
Se connecter :

Grandfontaine : à la veille d’un placement en EHPAD, une aidante de 77 ans tue son mari malade d’Alzheimer

Publié le 24 Fév. 2026 à 13:02
Tags: Faits divers | justice |
Lecture: min
Grandfontaine : à la veille d’un placement en EHPAD, une aidante de 77 ans tue son mari malade d’Alzheimer

Le 20 février dernier, à Grandfontaine, un homicide conjugal  s’est produit à la veille du placement en EHPAD de la victime. Une femme de 77 ans a reconnu avoir frappé mortellement son mari de 88 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer, alors qu’il dormait dans le lit conjugal. Les constatations médico-légales préliminaires font état de multiples impacts crâniens fronto-temporaux. L’autopsie, en cours, devra confirmer la cause exacte des lésions et la chronologie des coups.

L’alerte des voisins

Le drame a été révélé par deux voisins, alertés par la présence  de la mise en cause à la fenêtre du premier étage. Selon les premiers éléments, elle semblait vouloir se défenestrer. Entrés dans le domicile, ils ont découvert le corps de son mari, ensanglanté, dans la chambre. À l’arrivée des services d’urgence, l’épouse apparaissait alcoolisée, en état de choc. Des entailles superficielles ont été relevées sur ses bras. Le mari, lui, était déjà décédé.

Christine De Curraize, substitute du procureur de la république de Besançon 

Christine De Curraize, substitute du procureur de la république de Besançon 

Les aveux en garde à vue

Placée en garde à vue, la septuagénaire a immédiatement reconnu les faits. Elle a décrit un réveil nocturne, la saisie d’un marteau et des coups portés alors que son époux dormait. Elle a expliqué avoir consommé de l’alcool pour “se donner du courage”, avant de tenter de mettre fin à ses jours.

Qualification pénale

Le 22 février, une information judiciaire a été ouverte pour homicide sur conjoint. La suspecte a été mise en examen et placée en détention provisoire. Au vu de son état mental, un transfert en milieu psychiatrique a été ordonné. L’audience devant le juge des libertés et de la détention n’a pas pu se tenir dans les conditions initialement prévues.

Un passage à l’acte impulsif ?

La mise en cause évoque un geste “sur un coup de tête”, revenant de manière récurrente sur un mot : la fatigue. Les premiers éléments dessinent le profil d’un épuisement chronique de proche aidant : prise en charge quotidienne d’un conjoint atteint d’Alzheimer, troubles urinaires aggravant la dépendance, absence de répit — selon les proches, elle “ne le quittait jamais” et deux malaises récents de l’épouse dans les semaines précédentes. Aucun antécédent de violences conjugales n’est rapporté. Aucun passé d’alcoolisation problématique n’est signalé. L’alcool, dans ce contexte, apparaît comme un désinhibiteur facilitant à la fois l’agression et la tentative d’auto-agression.

Un entourage présent, mais un risque non détecté

Le couple n’était pas isolé. Une infirmière intervenait à domicile chaque jour. Un médecin est décrit comme “assez présent”. Trois enfants adultes vivait à proximité. La fatigue de l’épouse était perçue, mais sans qu’un état dépressif caractérisé ne soit identifié. Aucun signal comportemental jugé alarmant n’avait été formalisé.

Dernière modification le mardi, 24 février 2026 13:26