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L’agriculture biologique va bénéficiers de nouvelles aides. C’est ce qu’a dernièrement annoncé Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture. L’objectif est de consolider et développer la structuration des filières bio. 10 millions d’euros supplémentaires sont prévus à partir de 2024, et pour une durée de 3 ans. Et ce, dans un contexte ou la consommation des produits bio a baissé de 4,6% en 2022.  Concrètement, cinq millions d’euros supplémentaires seront alloués à la communication et cinq millions d’euros supplémentaires par an seront accordés au fond bio, qui vise à soutenir des projets de développement et de valorisation des filières du secteur.

La commission européenne a proposé mercredi aux Etats membres de renouveler pour dix ans l’autorisation du glyphosate dans l’Union Européenne. Rappelons que ce produit très controversé est classé comme « cancérogène probable » depuis 2015 par l’OMS.

En juillet, l’Autorité européenne de sécurité des aliments estimait que le niveau de risque ne justifiait pas d’interdire cet herbicide. L’autorisation actuelle avait été renouvelée en 2017 pour cinq ans, avant d’être prolongée,  en 2022, d’un an dans l’attente d’une évaluation scientifique. Cette proposition doit être examinée vendredi par les Vingt-Sept.

En pleine période de vendanges, plusieurs tonnes de raisin ont été dernièrement volés dans des vignobles jurassiens. Une enquête de gendarmerie a été ouverte. Les secteurs de Port-Lesney, Arbois et Château Chalon ont été visités.  De son côté, la gendarmerie du Jura, pour sensibiliser à la protection des vignes, a lancé l’opération « on ne vous lâche pas la grappe », qui se poursuit le temps de la récolte du raisin.

Le concours du cheval de traits comtois bat son plein à Maîche, le berceau de la race. Ce samedi, la compétition se poursuit. Place, ce jour, au concours modèle et allures, avec la participation de 150 étalons comtois. Ce vendredi, 250 pouliches et juments suitées comtoises, sélectionnées en France et en Belgique,  étaient alignées pour le concours modèle et allures.

C’est un métier qui fait partie du pastoralisme du massif du Jura. Les bergers sont des acteurs indispensables au bon fonctionnement de l’agriculture française et à la protection de l’environnement. Dans le massif du Jura franco-suisse, ils sont environ 150 à œuvrer sur un large territoire allant des Hôpitaux, au Mont de l’Herba, en passant par la Dôle et la Suisse. En fonction des exploitations agricoles qui les emploient, leurs missions peuvent évoluer, mais tous ont une même passion pour leur métier, les animaux et le milieu naturel dans lequel ils évoluent. Rencontre avec Babeth Roy, membre de la Confédération Paysanne et de l’association des bergers Franco-Suisse.

La bergère (62 ans), qui travaille dans la partie suisse du Mont d’Or, s’est découvert cette passion il y a plus d’une vingtaine d’années. Après une pause de vingt ans pour notamment élever son enfant, elle a décidé de reprendre du service. « Habiter sur son lieu de vie, être dans la nature, être libre et autonome, … » sont autant de privilèges qui l’ont convaincue de repartir en alpage. « Le contact avec les vaches et la nature est beaucoup plus ressourçant que dans un bureau avec des collègues » explique-t-elle. Et de poursuivre : « on est maître de son travail. On est seul. On organise nos journées comme on veut ». Depuis la fin mai, et jusqu’à la fin septembre, Babeth Roy travaille pour un éleveur suisse. Chaque jour, elle surveille et s’occupe de 46 vaches et veaux et un taureau, sur un espace de 99 hectares, réparti sur cinq pâtures. « J’interviens comme si c’était mes animaux » ajoute-t-elle.

« Des coordinateurs de la montagne »

C’est ainsi que se définit Babeth Roy. Elle apporte une protection à son troupeau et permet aux différents acteurs de la montagne de cohabiter le mieux possible. Chaque jour, elle parcourt entre 5 et 10 kilomètres. Ses missions : le contrôle des vaches, le soin des animaux, la gestion du sel et de l’eau, … .  Babeth le reconnaît, les bergers sont de moins en moins nombreux. Aujourd’hui la moyenne d’âge est d’environ une cinquantaine d’années. Pour sensibiliser aux enjeux du métier et assurer sa pérennité, elle s’emploie, avec l’association des bergers franco-suisse »,  à former la nouvelle génération. « En 1986, il y avait presque un berger dans chaque chalet » explique l’agricultrice. « Aujourd’hui, les chalets, logements de fonction du berger, ne sont presque plus occupés. Ce qui n’est pas sans poser problème pour l’entretien et le devenir de ce beau patrimoine d’alpage ». Et de préciser : « de toute façon, s’il n’y a plus de vache, le paysan monte en voiture et les bois ne sont plus pâturés. Ce qui représente un danger pour l’environnement et l’aménagement du territoire ».

« Vivre avec moins »

Être berger est une véritable philosophie de vie. A travers son activité professionnelle, Babeth s’engage également dans la protection de l’environnement. Elle veut donner du sens à son activité professionnel. Elle veut sensibiliser le grand public qu’elle croise sur son chemin. « Je suis contente de démontrer, que l’on pourrait vivre avec moins. Je prends un litre d’eau pour me laver tous les jours. J’ai un petit panneau solaire pour recharger mon portable. On peut vivre sans électricité. On chauffe l’eau avec du bois. On s’éclaire avec des lampes solaires. On peut vivre comme cela ». « Pendant cinq mois de l’année, mon empreinte écologique est faible. Si tout le monde avait un peu conscience de cela, peut être que nous n’en serions pas là au niveau de la planète » poursuit notre hôte. Et de terminer : « à l’alpage, on prend le temps de vivre, de regarder les choses, d’observer. On voit la vie différemment. On essaie de consommer mieux. On fait du jardin. Il y aussi le marché et les producteurs bio qui exercent dans le secteur. On peut consommer local facilement ».

L'interview de la rédaction

Ce vendredi 18 août, la commune de Morbier fêtera le fromage éponyme. L’an dernier, 3000 personnes avaient fait le déplacement dans le Jura pour célébrer la célèbre fabrication à la raie cendrée. Pour cette nouvelle édition, sera inauguré le rond-point de l’entrée du village. Cette réalisation, qui avait besoin d’être rénovée, a été confiée à l’artisan Loïc Delval, l’un des derniers artisans taillandiers de France.

Cette sculpture représente une fromagère brassant du lait, une vache laitière Montbéliarde emblématique du Jura,  une tranche de Morbier et le logo de l’AOP. Cofinancé par la municipalité et le Syndicat Interprofessionnel du Morbier, le rond-point sera inauguré à 11h30 par Philippe Huguenet, Maire de la commune et Joël Alpy, Président de l’AOP Morbier.

En parallèle, ce jour-là, tout le quartier des Marais sera également animé. Au programme : marché artisanal, spectacle de musique country, dégustation de Morbier et pour finir, l’incontournable “Morbiflette dansante” servie le soir. A ne pas manquer également, le concours AOP Morbier, avec la présence de 37 fromages en lice pour décrocher le titre de meilleur Morbier de l’année 2023.

Il n’y a pas de doute, la sécheresse 2022 a eu un impact significatif sur la production de lait et, par conséquent, sur la quantité de Mont d’Or produits. En 2011, pas moins de 9,7 millions de boîtes se sont vendues, contre 8,8 millions la saison dernière.

Eric Feuvrier, le président du syndicat du Mont d’Or, explique que la filière doit tenir compte de ce contexte. Il rappelle que la production doit prendre en considération ces conditions climatiques et les  impacts sur l’environnement, la faune et la flore locales. Des travaux sont en cours pour apporter des pistes d’adaptation.

Une année 2023/2024 prometteuse

Cette année, la récolte de foin s’est achevée  avec un bon volume. Chacun espère des précipitations supplémentaires pour effectuer une deuxième coupe. La prochaine saison se prépare, avec la reprise, dès le 15 août, de la fabrication du fromage. La commercialisation débutera le 10 septembre avec une grande fête agricole et folklorique qui se tiendra dans la commune de La Longeville , au lieu-dit Les Courtots. Au fil de la journée, avec tous les acteurs de la filière, il sera possible de déguster du Mont d’Or, assister à un défilé et participer à des démonstrations de fabrication à l’ancienne.

Dans un communiqué de presse, la Confédération Paysanne dénonce les mises en garde à vue de deux paysans, dont le Jurassien Nicolas Girod, ancien porte-parole du syndicat agricole, pour leur participation à la manifestation de Sainte-Soline, contre les méga-bassines, ces réserves de substitution d’eau . Ils doivent s’expliquer sur l’organisation de la manifestation illégale du 25 mars dernier. Un rassemblement de soutien s’est tenu ce matin devant la gendarmerie de Dole.

Le syndicat pointe « une liberté syndicale et un droit de manifester continuellement bafoués par les autorités publiques, qui refusent l’ouverture d’un dialogue serein et constructif pour une redéfinition démocratique de la gestion de l’eau ». Il est évoqué « une intimidation gouvernementale », qui n’empêchera pas ces militants de « poursuivre leur action ».

Concernant la proposition polémique de la Cour des Comptes de réduire les cheptels des exploitations agricoles, Annie Genevard, la députée du Doubs, a réagi sur sa page Facebook. « Nos prairies sont de véritables puits de carbone et c'est grâce aux activités liées à l'élevage qu'elles sont entretenues et valorisées. A l'heure où il est essentiel de garantir notre souveraineté alimentaire, nous devons soutenir les éleveurs français qui nous nourrissent et mieux considérer leur travail » a écrit la parlementaire.

Dans un récent rapport, la Cour des comptes, chargée du contrôle de la dépense publique,  préconise la baisse du nombre de bovins dans les cheptels pour réduire les émissions de méthane. Selon l’organisme, l’élevage bovin est « responsable en France de 11,8% des émissions d’équivalent de dioxyde de carbone ». Les éleveurs ne cachent pas leur exaspération et dénoncent une véritable stigmatisation. Dernièrement, Arnaud Rousseau, le président du syndicat agricole FNSEA, pointait « des conclusions simplistes et inexactes ». Plein Air a rencontré Florent Dornier, le président de la FDSEA du Doubs.

« On a une agriculture qui est en grande souffrance, notamment dans l’élevage, et on nous en remet encore une couche. La colère est grande chez les agriculteurs » explique M. Dornier. L’agriculteur rappelle que « le pays a perdu 100.000 fermes en dix ans. Localement, depuis 1979, le département du Doubs a perdu 30.000 vaches ». Il tient également à rappeler que l’agriculture nationale contribue à donner ses lettres de noblesse à la gastronomie française. Il souligne le lien évident qui existe entre « l’agriculture, l’élevage, les paysages, leur entretien et l’alimentation de la population ».

La contre-attaque

Les agriculteurs n’en resteront pas là. Ils organisent leur riposte. Très rapidement, ils monteront au créneau pour faire attendre leur voix auprès des élus locaux et les parlementaires. Et ce, afin qu’ils se positionnent et apportent leur soutien « à un métier qui est en grande déperdition ». Le responsable doubien appelle élus et autorités à prendre leur responsabilité. Selon lui, des décisions fortes doivent être prises pour conserver une activité agricole de proximité et performante, jouant pleinement son rôle nourricier.

L'interview de la rédaction :