Le musée de la Montre de Villers-le-Lac, rebaptisé « L’Ébauche », accueille temporairement une partie des collections autrefois présentées à Morteau. Cette réunion préfigure la création de la future Cité des Horlogers au château Pertusier, avec une ouverture envisagée en 2028.
Le reportage de la rédaction, Grégory Maugain
Un voyage à travers plusieurs siècles
Installé dans une ancienne entreprise horlogère, le musée de Villers-le-Lac retrace l’évolution de la mesure du temps et des savoir-faire associés. Ses trois salles réunissent des montres anciennes, des horloges astronomiques, des comtoises, des cartels, des carillons et de nombreux outils. « L’histoire de la montre commence au XVIe siècle et se poursuit jusqu’en 1980 », explique Grégory Maugain, régisseur des collections et des œuvres exposées. Les visiteurs peuvent notamment observer une horloge comtoise datant de 1730, un cartel de l’époque de Louis XIV ou encore une rare montre républicaine dont le cadran est divisé en dix heures. Le parcours présente aussi l’évolution des mécanismes, des matériaux et des techniques. Si les moyens de production ont profondément changé, certains savoir-faire traditionnels restent utilisés, notamment dans les métiers d’art et l’horlogerie haut de gamme.
Le reportage de la rédaction, Grégory Maugain
Une activité profondément enracinée dans le territoire
Dans le Val de Morteau, l’histoire horlogère remonte aux environs de 1770. Durant l’hiver, les paysans se consacraient au travail du métal afin de compléter leurs revenus. Cette activité s’est progressivement développée jusqu’à occuper une place majeure dans l’économie locale. La période comprise entre les années 1950 et 1980 correspond à l’âge d’or de cette production. Les montres mécaniques françaises étaient alors vendues dans le monde entier. De nombreux habitants travaillaient dans les usines, les ateliers ou directement à leur domicile.
Cette organisation, appelée « établissage », reposait sur une division précise des tâches. Chaque ouvrier réalisait une étape avant que le maître horloger ne termine le montage et commercialise la montre. Le travail à domicile s’est maintenu jusqu’au début des années 1980. Les ouvrières récupéraient leurs pièces en début de semaine avant de rapporter leur production quelques jours plus tard.
Le lycée Edgar-Faure forme la nouvelle génération
La transmission des savoir-faire horlogers se poursuit également au lycée Edgar-Faure de Morteau. L’établissement forme les futurs horlogers et bijoutiers, appelés à travailler dans les entreprises françaises ou suisses de la filière. Il contribue ainsi au maintien de compétences techniques étroitement liées à l’identité et à l’histoire économique du Val de Morteau.
Si de nombreux jeunes diplômés rejoignent les manufactures suisses, des entreprises françaises continuent également de faire vivre cette activité, à l’image de Pequignet à Morteau et de Michel Herbelin à Charquemont. Entre préservation des gestes traditionnels et apprentissage des nouvelles technologies, le lycée Edgar-Faure occupe une place essentielle dans l’avenir de l’horlogerie régionale.
Des outils anciens toujours utiles
Une partie du musée est consacrée à l’outillage horloger, notamment celui fabriqué aux Gras, commune autrefois réputée pour cette production. Machines à arrondir, tours à pivoter, pinces et outils destinés au réglage ou aux engrenages témoignent de la minutie exigée par le métier. Certains de ces instruments sont encore utilisés pour restaurer les mécanismes anciens. « Quelqu’un qui répare une comtoise vieille de 200 ans travaille encore aujourd’hui de la même manière », souligne Grégory Maugain. Le musée reconstitue également un atelier permettant de comprendre les conditions dans lesquelles travaillaient autrefois les horlogers.
Des collections régulièrement enrichies
Le fonds continue de grandir grâce aux dons de particuliers. Un carillon, une horloge de clocher bisontine ainsi qu’une collection de plusieurs centaines de sabliers ont récemment rejoint les collections. Grégory Maugain se déplace également pour expertiser et récupérer des pièces présentant un intérêt patrimonial. Un tableau-horloge retrouvé à Paris sera ainsi exposé dans le futur musée. Ces acquisitions permettent de sauvegarder des objets qui pourraient disparaître à l’occasion d’une succession ou être jetés faute d’avoir été identifiés. Cette transmission passe aussi par les écoles. Des objets peuvent être présentés directement dans les classes afin de sensibiliser les plus jeunes à l’histoire horlogère du territoire.
Deux musées réunis dans un même projet
La présence de deux musées consacrés à l’horlogerie, séparés de seulement six kilomètres, a conduit les collectivités à envisager leur regroupement. Les collections de Morteau ont donc été transférées à Villers-le-Lac pendant la préparation du nouveau projet intercommunal. La future Cité des Horlogers prendra place au château Pertusier, à Morteau. Construit au XVIe siècle, le bâtiment doit faire l’objet d’une restauration importante afin d’être préservé et adapté à l’accueil du public. Le chantier prévoit également une extension, un ascenseur, des réserves, une boutique-billetterie et un salon de thé. L’objectif est de rendre l’ensemble accessible à tous et de proposer un véritable lieu de vie autour de l’horlogerie.
Une ouverture envisagée en 2028
La future exposition permanente occupera un étage complet. Elle comprendra une salle consacrée à l’histoire du château, ainsi que des espaces dédiés aux montres, aux horloges, aux comtoises et à l’outillage. Une salle immersive et des espaces d’expositions temporaires sont également annoncés. Le site doit aussi accueillir des événements en lien avec les entreprises et les acteurs de la filière. Le lancement d’une nouvelle montre par une manufacture locale pourrait, par exemple, y être présenté.
L’ouverture de la Cité des Horlogers est envisagée pour la saison 2028, sous réserve de l’avancement des travaux. En attendant, le musée « L’Ébauche » de Villers-le-Lac permet au public de découvrir la richesse des collections réunies et de mesurer la place centrale occupée par l’horlogerie dans l’histoire du Val de Morteau.
Le reportage de la rédaction, Grégory Maugain
Seul monument religieux médiéval de cette importance dans le Doubs, l’abbaye de Montbenoît demeure profondément ancrée dans l’histoire et l’identité du Saugeais. Durant tout l’été, bénévoles, jeunes guides et élus locaux se mobilisent pour faire découvrir cet édifice remarquable.
Aux origines du Saugeais
L’histoire de l’abbaye est indissociable de celle du territoire. Au Moyen Âge, des populations venues de Savoie et des cantons suisses du Valais et des Grisons ont participé au défrichement de la région. Elles ont apporté avec elles leur langue, leurs traditions et leur savoir-faire. « Elles ont construit l’abbaye, défriché la région et créé cette identité très forte que l’on a appelée le Saugeais », explique Jérôme Binetruy, de l’office de tourisme Haut-Doubs Montagnes du Jura, chargé du bureau de Montbenoît.
Le reportage de la rédaction : Jérôme Binetruy
Une communauté de moines augustins
Au Moyen Âge, l’édifice abritait une communauté composée de quinze à vingt moines de l’ordre de Saint-Augustin. Son histoire connaît un tournant à partir du XVIe siècle avec l’arrivée des abbés commendataires. Contrairement à leurs prédécesseurs, ceux-ci n’étaient pas élus par les religieux, mais nommés par l’archevêque. L’un d’entre eux, Ferric Carondelet, a profondément marqué le monument en faisant construire le chœur et les deux chapelles encore visibles aujourd’hui. L’abbaye conserve notamment de remarquables stalles sculptées dans du bois de chêne. En 1773, l’archevêque renonce à l’entretenir. L’édifice et ses biens appartiennent désormais, depuis 2025, aux cinq communes locales, qui la commune nouvelle de Pays-de-Montbenoît.
Le reportage de la rédaction : Jérôme Binetruy
Une abbaye épargnée par la Révolution
L’abbaye de Montbenoît constitue aujourd’hui un témoignage patrimonial exceptionnel. « C’est le seul monument religieux médiéval de cette importance dans le département du Doubs », souligne Jérôme Binetruy. Alors que de nombreuses abbayes ont été saccagées pendant la Révolution française, celle de Montbenoît a été préservée. L’absence de moines et de richesses à saisir pourrait expliquer cet oubli providentiel des révolutionnaires.
Un musée consacré à la République du Saugeais
L’abbaye accueille également le musée de la République du Saugeais. Sa création répond à la volonté de Gabrielle Pourchet, présidente de cette micronation folklorique de 1972 à 2005. Elle souhaitait que les objets reçus durant son mandat soient exposés au public après sa disparition. Ce musée rappelle que la République du Saugeais ne se résume pas à une simple curiosité folklorique. Elle repose sur un territoire, une histoire et une identité locale forgée depuis le Moyen Âge.
Le reportage de la rédaction : Jérôme Binetruy
Des jeunes engagés dans la transmission
Chaque été, l’association Les Amis de l’Abbaye organise des visites guidées et forme entre dix et douze jeunes bénévoles à la prise de parole en public et à la sensibilisation des visiteurs à la préservation du patrimoine. Cette mobilisation dépasse le seul cadre associatif. Les élus locaux participent également à l’accueil du public et à la vente des entrées le dimanche. Le bureau de l’office de tourisme devient ainsi un espace partagé entre le professionnel du tourisme, les bénévoles et les représentants des communes. Les visiteurs peuvent découvrir le cloître, la salle du chapitre, le chœur et ses stalles, les chapelles, la cuisine des moines ainsi que le musée de la République du Saugeais. Le parcours permet de traverser plusieurs périodes et différents styles architecturaux, du Moyen Âge à la Renaissance.
Des visites guidées de 45 minutes sont proposées sans réservation tous les jours en juillet et en août, de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 18 h. Des visites nocturnes ont également lieu chaque mercredi à 20 h 30 jusqu’au 19 août, sur réservation. Plus longues, elles se terminent par une collation au coin du feu dans la cuisine des moines et par une surprise folklorique.
Le reportage de la rédaction : Jérôme Binetruy
À Thise, la mairie a signalé à la gendarmerie la présence d’un barbecue allumé sur la voie publique, lundi vers 16 h 45. Sur place, les militaires ont découvert deux personnes en train de faire griller des saucisses. Elles ont été verbalisées et le feu a été éteint.
Une tentative de vol a été constatée à Dannemarie-sur-Crète, dans la nuit, vers 23h45. Les auteurs ont arraché plusieurs morceaux de tôle et brisé deux vitres pour pénétrer dans le bâtiment. Aucun objet n’a finalement été dérobé à l’intérieur. Une enquête est en cours afin d’identifier les responsables.
Les sapeurs-pompiers du Doubs sont intervenus lundi soir, vers 19h30, au hameau des Maisons-Dessous, aux Écorces, pour secourir deux génisses enlisées dans une tourbière. Une équipe spécialisée en sauvetage animalier et une unité USAR ont été mobilisées. La première génisse a été extraite par l’agriculteur, tandis que la seconde a été dégagée par les secours.
Un accident entre une moto et un tracteur s’est produit ce lundi, vers 13 h, au 12 Grande Rue à Fallerans. Le conducteur du deux-roues, âgé de 17 ans, a été grièvement blessé et transporté médicalisé au CHU Jean-Minjoz de Besançon. La conductrice du tracteur, âgée de 18 ans, est indemne. Dix sapeurs-pompiers d’Étalans et de Valdahon sont intervenus avec quatre engins. La gendarmerie et le maire étaient présents sur place.
La RN83 sera totalement fermée à la circulation entre les giratoires de Beure et de Larnod, du lundi 17 août à 9 h au vendredi 21 août à 16 h. La DIR Est réalisera des travaux d’entretien, de réfection de la chaussée et de sécurisation contre les risques rocheux. Une prolongation reste possible jusqu’au samedi 22 août à 16 h. Des déviations seront mises en place dans les deux sens par la RN57 et la RD104. L’accès aux riverains sera maintenu.
Le Doubs est placé en vigilance orange canicule depuis ce lundi 10 août à 12 h, en raison des fortes températures enregistrées le jour comme la nuit. Les autorités recommandent de boire régulièrement, de maintenir son logement au frais, d’éviter les sorties aux heures les plus chaudes et de veiller sur les personnes vulnérables. En cas d’urgence, contactez le 15. La plateforme Canicule Info Service est également joignable au 0800 06 66 66.