La section bisontine de la France insoumise monte au créneau après la publication d'un arrêté anti-mendicité signé par l'adjoint au maire de Besançon, Ludovic Fagaut. La mesure concerne plusieurs secteurs du centre-ville ainsi que la zone commerciale de Châteaufarine. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, les militants et élus insoumis dénoncent une décision qu'ils jugent « grave socialement et symboliquement ». Ils regrettent notamment l'absence de débat préalable au sein du conseil municipal et accusent la majorité municipale d'avoir agi sans véritable discussion publique.
« Une politique de stigmatisation »
Pour la France insoumise, cet arrêté ne constitue pas une réponse aux difficultés rencontrées dans l'espace public mais participe à une politique de « stigmatisation » des personnes les plus précaires. Le mouvement estime que la mesure vise davantage à éloigner la pauvreté des zones les plus fréquentées qu'à traiter les causes de la précarité. Les auteurs du communiqué rappellent que le Conseil de l'Europe a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, considérés comme discriminatoires et contraires aux droits sociaux fondamentaux.
Des outils juridiques déjà existants
La France insoumise souligne que les comportements portant réellement atteinte à l'ordre public, comme les agressions, les menaces, l'ivresse publique ou la mendicité coercitive, peuvent déjà être sanctionnés par les dispositifs légaux existants. Selon le mouvement, l'arrêté municipal relève donc d'un choix politique davantage que d'une nécessité juridique ou sécuritaire.
Un recours envisagé
Les insoumis accusent également la municipalité de privilégier les réponses sécuritaires et la communication au détriment des politiques sociales de fond. Ils citent notamment les questions du logement, de la santé mentale, des addictions, du pouvoir d'achat ou encore de la lutte contre la précarité. La France insoumise annonce enfin qu'elle examinera le contenu précis de l'arrêté avec des juristes afin d'étudier d'éventuels recours. Elle indique également vouloir lancer un appel à la mobilisation citoyenne contre cette mesure qu'elle juge contraire à sa vision d'une ville « solidaire, digne et humaine ».
Tauriel, 37e lynx relâchée par le Centre Athénas, a été tuée ce matin à Levier, dans le Doubs, après avoir été percutée par un véhicule. Selon l’association, l’automobiliste ne se serait pas arrêté ni n’aurait signalé l’accident. Cette femelle disparue porte un nouveau coup à la fragile population de lynx du massif jurassien. Depuis le début de l’année, dix lynx ont été tués sur les routes. Le Centre Athénas appelle à la vigilance et invite les communes à installer ses panneaux de prévention gratuits pour limiter ces collisions.
L'EPAGE Doubs-Dessoubre invite le public à explorer la biodiversité locale
Mieux faire connaître les richesses naturelles de la vallée du Dessoubre et sensibiliser le grand public aux enjeux de préservation de l'eau et de la biodiversité. C'est l'objectif des trois animations nature organisées au mois de juin par l'EPAGE Doubs-Dessoubre dans le cadre de l’animation du site Natura 2000. « Le but est de permettre au public de découvrir ces milieux naturels exceptionnels tout en comprenant pourquoi il est important de les préserver », explique Gaël Le Guennec, chargé de communication de l'établissement.
L'interview de la rédaction : Gaël Le Guennec, chargé de communication de l'établissement.
Un acteur engagé pour la qualité de l'eau
L'EPAGE Doubs-Dessoubre est un établissement public qui intervient sur le bassin versant du Doubs et du Dessoubre. Ses missions sont multiples : préserver la qualité de l'eau, restaurer les milieux aquatiques, protéger la biodiversité et sensibiliser les habitants aux enjeux environnementaux. Concrètement, l'organisme mène des actions sur les cours d'eau, accompagne des projets de restauration écologique et organise régulièrement des opérations de sensibilisation auprès du grand public. « Une part importante de notre travail consiste à aller à la rencontre des habitants pour leur expliquer les enjeux liés à l'eau, aux rivières et à la biodiversité », souligne M. Le Guennec.
Natura 2000, un réseau européen au service de la biodiversité
Les animations s'inscrivent dans le cadre du programme Natura 2000. Ce dispositif européen vise à protéger des espaces naturels remarquables tout en conciliant activités humaines et préservation de l'environnement. « Natura 2000 est un réseau européen de sites naturels remarquables. L'objectif est de préserver la biodiversité tout en accompagnant les activités humaines, notamment agricoles, dans le respect des milieux naturels », explique l’intervenant. Le dispositif favorise ainsi des pratiques compatibles avec la protection de la faune, de la flore et des habitats naturels.
Sensibiliser tous les publics
Si les plus jeunes constituent un public privilégié pour les actions d'éducation à l'environnement, les animations s'adressent à tous les âges. « Plus on touche de personnes, mieux c'est. Les enfants sont les citoyens de demain, mais il est tout aussi important de sensibiliser les adultes afin qu'ils deviennent eux aussi des relais auprès de leur entourage », insiste le chargé de communication. L'objectif est de créer une dynamique collective autour de la préservation des milieux naturels du territoire.
Trois rendez-vous au cœur de la nature
Les trois animations gratuites programmées en juin permettront de découvrir plusieurs facettes de la vallée du Dessoubre. Le public pourra notamment partir à la découverte de la tourbière de Verbois au Russey, un milieu naturel fragile et riche en biodiversité ( 13 juin). Une autre sortie sera consacrée aux plantes sauvages et à leurs usages à Montjoie-le-Château (20 juin), tandis qu'une troisième animation permettra d'explorer les milieux aquatiques et les rivières du secteur du Dessoubre ( secteur de la Reverotte).
À chaque fois, les participants seront accompagnés par des professionnels de la nature et de l'environnement. « Nous serons directement sur le terrain pour montrer concrètement les actions menées et expliquer le fonctionnement de ces écosystèmes », précise Gaël Le Guennec.
L'interview de la rédaction : Gaël Le Guennec, chargé de communication de l'établissement.
Montrer l'utilité des actions financées par les collectivités
Pour l'EPAGE Doubs-Dessoubre, ces rendez-vous sont également l'occasion de rendre visibles les actions réalisées grâce aux financements publics. « Nos actions ont du sens. Elles permettent de préserver l'environnement et d'assurer sa transmission aux générations futures », rappelle le chargé de communication. Les visiteurs pourront ainsi découvrir les travaux de restauration écologique réalisés sur le territoire et mieux comprendre leur intérêt pour la qualité de l'eau et la biodiversité.
L'interview de la rédaction : Gaël Le Guennec, chargé de communication de l'établissement.
Un concours photo ouvert à tous
En parallèle de ces animations, l'EPAGE Doubs-Dessoubre et Natura 2000 organisent un concours photo consacré à la vallée du Dessoubre. Trois catégories sont proposées : la faune , la flore et les milieux naturels. Chaque participant peut envoyer une photographie dans chacune des catégories. Les clichés devront avoir été réalisés dans la vallée du Dessoubre et être accompagnés du lieu de prise de vue. Les meilleures photographies seront exposées lors du festival photo de Maîche. Plusieurs récompenses sont également prévues pour les lauréats.
Inscriptions obligatoires
La participation aux animations est gratuite mais l'inscription est obligatoire en raison du nombre limité de places. Les personnes intéressées peuvent s'inscrire par courriel à l'adresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Une occasion de découvrir les richesses naturelles du Haut-Doubs tout en comprenant les enjeux liés à leur préservation.
Un important trafic de drogue a été démantelé cette semaine dans le quartier de Planoise, à Besançon. À l’issue de plusieurs jours de surveillance, les policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST) ont interpellé deux hommes de 21 et 27 ans soupçonnés d’alimenter un point de deal de la rue de Franche-Comté.
Les perquisitions ont permis la saisie de près de 18 kilos de résine de cannabis, plus de 3 kilos d’herbe de cannabis, 730 grammes de cocaïne et 870 grammes de kétamine, soit plus de 20 kilos de stupéfiants au total. Les enquêteurs ont également découvert plus de 2 800 euros en espèces, du matériel lié au trafic, plusieurs téléphones et deux armes.
Placés en garde à vue, les deux suspects ont gardé le silence avant d’être présentés à la justice jeudi après-midi. Cette opération s’inscrit dans le cadre du Plan d’action départemental de restauration de la sécurité du quotidien et de la lutte contre les trafics de stupéfiants.
« Ramener la sérénité dans l'espace public »
La Ville de Besançon remet en place un arrêté anti-mendicité agressive. Le document, signé ce vendredi matin par le maire Ludovic Fagaut, est entré en vigueur immédiatement et s'appliquera jusqu'au 15 octobre 2026 dans plusieurs secteurs du centre-ville et à Châteaufarine. Aux côtés de Jean-Pascal Riès, adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, et de Myriam Lemercier, adjointe en charge de la politique de la ville, le maire a présenté cette mesure comme une réponse aux nombreuses plaintes enregistrées ces dernières semaines. « Les Bisontins nous ont élus pour ramener de la sérénité dans les quartiers et mettre fin à cette mendicité agressive et à l'ivresse sur la voie publique », a déclaré Ludovic Fagaut.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Une situation jugée « intenable »
L'exécutif municipal estime que les beaux jours favorisent le retour de comportements problématiques dans certains secteurs du centre-ville. Selon la Ville, commerçants, riverains et touristes expriment régulièrement leur exaspération face à des situations de mendicité agressive, d'alcoolisation sur la voie publique, de nuisances sonores et de troubles à l'ordre public. Pour justifier son arrêté, la municipalité avance plusieurs chiffres relevés entre le 15 avril et le 20 mai : 60 mains courantes enregistrées ; 29 troubles à la tranquillité publique ou attroupements agressifs ; 15 faits d'ivresse ou de consommation d'alcool sur la voie publique ; 6 rixes ; 6 vols et une vingtaine de courriels adressés par des commerçants, habitants et représentants professionnels. « Les habitants n'en peuvent plus », a affirmé le maire, évoquant notamment les témoignages recueillis lors de la récente visite ministérielle dans le quartier Battant.
Quels secteurs sont concernés ?
L'arrêté s'applique quotidiennement de 10 h à 20 h sur plusieurs secteurs identifiés comme sensibles : la Grande Rue, du pont Battant à la rue de la Préfecture ; la place Pasteur ; la place du 8-Septembre ; la rue Battant ; la rue Claude-Pouillet ; la rue Champrond ; le square Saint-Amour ; le passage Pierre-Adrien-Paris et les abords des Halles Beaux-Arts ; la place de la Révolution et la zone commerciale de Châteaufarine.
La mendicité agressive dans le viseur
La municipalité insiste sur le fait que l'arrêté ne vise pas la précarité mais certains comportements. La mendicité simple reste autorisée. En revanche, sont visés les comportements jugés agressifs : sollicitation insistante, intimidation, menaces, insultes, saisie physique d'un passant, alcoolisation sur la voie publique, regroupements générant des troubles ou encore présence de chiens provoquant nuisances, danger ou problèmes de propreté. « Lorsqu'une personne vous suit, vous interpelle à plusieurs reprises ou vous prend le bras pour obtenir de l'argent, cela devient de la mendicité agressive », a expliqué Ludovic Fagaut.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Un arrêté mais aussi un accompagnement social
Ludovic Fagaut et Myriam Lemercier ont tenu à souligner que la réponse municipale ne serait pas uniquement répressive. La Ville affirme poursuivre son travail d'accompagnement en lien avec le Centre communal d'action sociale (CCAS), les centres médico-sociaux du Département et plusieurs associations. « La dignité des personnes précaires doit être respectée, mais celle des habitants également », a rappelé le maire. Pour Myriam Lemercier, la prévention et le suivi social demeurent essentiels : « Ces personnes n'ont pas choisi cette situation. L'accompagnement doit continuer. »
Des sanctions prévues
Le non-respect de l'arrêté municipal pourra entraîner une contravention de deuxième classe, pouvant atteindre 150 euros. Par ailleurs, lorsque les faits relèvent de la mendicité agressive au sens pénal, les auteurs peuvent faire l'objet de procédures judiciaires pouvant conduire à une garde à vue et à des poursuites devant les tribunaux. La police municipale a reçu des consignes de vigilance particulières sur les secteurs concernés.
Un arrêté qui pourrait être contesté
Interrogé sur le précédent arrêté anti-mendicité annulé par la justice administrative en 2018, Ludovic Fagaut assure que le nouveau texte repose sur des éléments factuels et juridiquement motivés. « Nous assumons pleinement cette décision. Les chiffres sont objectivés et vérifiables », a-t-il déclaré. Pour la majorité municipale, l'enjeu est désormais de restaurer la tranquillité publique dans les secteurs les plus fréquentés du cœur de ville tout en maintenant un accompagnement social des personnes en situation de précarité.
Un homme de 61 ans a été interpellé et placé en garde à vue ce jeudi à Houtaud dans le cadre d'une affaire de violences avec arme par destination. Selon les premiers éléments, les faits se sont produits sur fond de conflit de voisinage ancien.
Le sexagénaire aurait utilisé une bombe lacrymogène contre un homme de 57 ans alors que celui-ci se trouvait à l'intérieur de son véhicule. L'auteur présumé a été interpellé sur son lieu de travail avant d'être placé en garde à vue. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances précises de l'incident.
Le ruisseau de la Tanche, qui traverse les communes de Morteau et des Fins avant de rejoindre le Doubs, est de nouveau touché par une pollution importante. Depuis plusieurs jours, les services de secours, les collectivités et les associations environnementales sont mobilisés pour tenter d'en limiter les conséquences. Présidente du Collectif citoyen pour la sauvegarde et la réhabilitation du marais de la Tanche, Nathalie Francesconi ne cache pas son inquiétude face à cet épisode qu'elle qualifie de particulièrement préoccupant. « Ce n'est malheureusement pas la première fois que ce ruisseau est victime de pollutions ou d'atteintes liées aux activités humaines », rappelle-t-elle.
L'interview de la rédaction : Nathalie Francesconi, présidente du Collectif citoyen pour la sauvegarde et la réhabilitation du marais de la Tanche
Un cours d'eau riche mais fragilisé
Pour les membres du collectif, la Tanche constitue bien davantage qu'un simple cours d'eau. Ce ruisseau abrite une biodiversité remarquable, avec notamment des espèces protégées comme le triton alpestre ainsi qu'une flore spécifique aux zones humides. Autrefois très vivant, l'écosystème du marais s'est progressivement dégradé au fil des décennies sous l'effet des aménagements urbains et des différentes pollutions. Selon Nathalie Francesconi, la pollution a été constatée en début de semaine. Si la nature exacte du produit n'est pas encore connue, les premiers éléments laissent penser à la présence d'hydrocarbures. L'origine de la pollution n'a pas encore été identifiée. Les analyses réalisées par l'Office français de la biodiversité doivent permettre de déterminer précisément le produit en cause et, éventuellement, son origine. "Plusieurs pistes restent donc possibles », explique la présidente du collectif.
Des conséquences durables sur l'environnement
Pour limiter la propagation de la pollution jusqu'au Doubs, les sapeurs-pompiers ont rapidement installé des barrages flottants. Mais ces dispositifs ne permettent pas d'éliminer totalement les risques. Une partie des hydrocarbures s'est déposée sur les végétaux et les berges. Avec la baisse du niveau de l'eau liée aux fortes chaleurs, ces résidus restent présents dans l'environnement. « Dès que le niveau remontera ou lors d'épisodes orageux, une partie de cette pollution pourrait être remise en circulation », alerte Nathalie Francesconi. Les impacts concernent directement la faune aquatique et l'ensemble de l'écosystème du marais. Le ruisseau, classé en première catégorie piscicole, abrite notamment des poissons et de nombreuses espèces sensibles à ce type de pollution.
Colère mais reconnaissance du travail engagé
Face à cette situation, le collectif exprime à la fois sa colère et son exaspération, tout en saluant la mobilisation des différents acteurs. « Tout le monde a été à pied d'œuvre : les pompiers, les services de l'État, la communauté de communes et de nombreux bénévoles », souligne Nathalie Francesconi. L'association a assuré une surveillance quotidienne du site afin de suivre l'évolution de la situation et de répondre aux inquiétudes des habitants.
L'espoir d'identifier le responsable
Au-delà de la gestion de l'urgence, le collectif attend désormais que les investigations permettent d'identifier l'origine de la pollution. Pour ses membres, l'enjeu est double : obtenir des réparations adaptées aux dommages causés et éviter qu'un nouvel incident ne se reproduise. « Nous espérons que la source sera identifiée afin que des mesures puissent être prises. Ce ruisseau est un patrimoine naturel auquel les habitants sont profondément attachés », conclut Nathalie Francesconi.
L'interview de la rédaction : Nathalie Francesconi, présidente du Collectif citoyen pour la sauvegarde et la réhabilitation du marais de la Tanche
Après plusieurs années de forte progression, l’emploi frontalier vers la Suisse connaît un net ralentissement en Bourgogne-Franche-Comté. Selon une étude publiée par l’Insee, la hausse du nombre de travailleurs frontaliers n’a atteint que 0,5 % en 2025, bien loin des +6,7 % enregistrés en 2023.
Une croissance plus faible qu’au niveau national
Fin 2025, près de 48 450 habitants de Bourgogne-Franche-Comté travaillent en Suisse. La région représente à elle seule 20 % des frontaliers français employés de l’autre côté de la frontière. Mais la dynamique ralentit fortement. Après une hausse de 1,5 % en 2024, la progression tombe à seulement 0,5 % en 2025. À l’échelle nationale, la croissance reste plus soutenue avec +2,2 %. Pour les auteurs de l’étude, ce ralentissement est particulièrement marqué dans le nord de la bande frontalière, notamment dans les territoires dépendants des cantons suisses du Jura et de Neuchâtel.
L’industrie particulièrement touchée
Le principal facteur de ce ralentissement concerne l’industrie, secteur historiquement très important pour les frontaliers francs-comtois. En un an, le nombre de travailleurs frontaliers employés dans l’industrie recule de 1,7 %. Fin 2025, ils sont environ 19 160 à travailler dans ce secteur, soit près de 40 % de l’ensemble des frontaliers de la région. L’horlogerie est particulièrement touchée. Déjà fragilisée par le ralentissement économique chinois en 2024, elle subit désormais les conséquences du contexte international plus tendu. L’Insee évoque notamment les hausses de droits de douane décidées par les États-Unis, qui pénalisent l’économie suisse, fortement dépendante de ses exportations. Les autres industries manufacturières sont également concernées par ce recul.
Des situations contrastées selon les territoires
Les chiffres publiés par l’Insee montrent toutefois des évolutions différentes selon les intercommunalités de la région. Le ralentissement est particulièrement visible dans le nord du Haut-Doubs. La Communauté de communes du Pays de Maîche enregistre ainsi un recul de 1,2 % du nombre de frontaliers en 2025, avec 3 570 travailleurs concernés contre 3 610 un an plus tôt. Même tendance pour Pays de Montbéliard Agglomération, où le nombre de frontaliers baisse de 0,9 %, avec 5 030 habitants travaillant en Suisse. À l’inverse, certains territoires continuent de progresser. La Communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs affiche une hausse de 2,4 % avec 5 810 frontaliers, tandis que la Communauté de communes du Grand Pontarlier progresse de 1,8 % pour atteindre 5 310 travailleurs frontaliers. Dans le Jura, la Communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura enregistre également une légère hausse de 1,5 %, alors que la Communauté de communes Haut-Jura Saint-Claude reste l’un des territoires les plus dynamiques avec +3 % sur un an. La Communauté urbaine Grand Besançon Métropole connaît de son côté une progression limitée à +0,5 %, après une forte hausse observée en 2024.
Le Doubs reste particulièrement exposé
Le ralentissement touche les trois départements frontaliers de la région, mais le Doubs apparaît particulièrement exposé en raison de ses liens économiques étroits avec les cantons de Neuchâtel et du Jura. Contrairement à d’autres régions frontalières comme l’Auvergne-Rhône-Alpes ou le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté bénéficie moins de l’attractivité des grandes métropoles suisses comme Genève ou Bâle. Ces territoires disposent d’un marché de l’emploi plus diversifié et davantage tourné vers les services.
Les services et la santé résistent
Malgré ce ralentissement global, certains secteurs continuent toutefois de soutenir l’emploi frontalier. Les activités dites « présentielles », liées aux besoins quotidiens de la population, restent dynamiques. C’est notamment le cas du secteur de la santé, qui continue de recruter des travailleurs frontaliers français. L’intérim, en revanche, recule également, reflet des incertitudes économiques actuelles et d’un marché du travail plus prudent des deux côtés de la frontière. Pour l’Insee, cette évolution confirme la forte dépendance de l’emploi frontalier régional à la conjoncture industrielle suisse.