Le Député du Doubs Eric Alauzet a accepté de répondre aux questions de Plein Air sur la situation politique en France et celle du Président de la République. Le Chef de l’état semble isolé et dans l’impasse, depuis la réforme contestée des retraites, pour gérer le pays durant les quatre prochaines années. Le Parlementaire s’est prêté au jeu des questions/réponses.
La personne d’Emmanuel Macron divise la société. Avez-vous conscience de cette situation politique ?
Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Je trouve que cela prend des proportions insensées, totalement injustifiées. Je préfèrerai que l’on s’attarde un petit peu sur la réalité des problèmes et les progrès qui ont été réalisés. On pourrait reconnaître qu’il y a un certain nombre d’avancés, liées par exemple à la rémunération du travail, sur la protection des Français durant la crise covid, l’inflation, … La France est le pays qui a le mieux maîtrisé son inflation. Elle a permis qu’il y ait le moins de perte d’espérance de vie durant la crise sanitaire. Il faudrait un petit peu d’objectivité. Je trouve tout cela excessif, démesuré et injuste.
L’image du 8 mai, à Paris, d’un Président de la République seul a pu mettre mal à l’aise et inquiétée. Qu’en pensez-vous ?
Inquiétante, il ne faut pas exagérer. Que l’on puisse regretter que ce type de manifestation ne rassemble pas la foule, je peux le comprendre. Je pense néanmoins qu’il ne faut pas trop en faire. C’est un moment de recueillement et de respect. Je pense que nous avions tout intérêt à ce que cela reste un moment de dignité. Dans le contexte actuel, où certains tentent de perturber systématiquement toutes les manifestations – d’ailleurs, je trouve que l’on en fait bien de trop écho par rapport à la réalité des perturbations - c’était assez logique que l’on veuille que cette manifestation se passe dans la dignité.
Pourquoi cette déconnexion avec la réalité de ce que vivent les gens. On a l’impression que ce Président de la République ne comprend pas la réalité du quotidien des personnes les plus défavorisées. Celles qui vivent dans des conditions très précaires.
Ce n’est pas juste ce que vous dites. L’attention a été portée aux plus en difficulté depuis 2017. Notamment, avec ce fil rouge, cette quasi-obsession du président, de la majorité et de moi-même, de tout mettre en œuvre pour faire sortir les personnes de l’ornière. Pas simplement avec des minimas sociaux. A quoi sert d’augmenter le RSA de 2, 5 ou 10%. Vous ne vivrez pas mieux. En revanche, permettre à des personnes qui sont exclues de la société de revenir dans le parcours commun, de retrouver de l’espoir, de la dignité, un travail, c’est cela l’effort qui a été fait, avec 1,7 millions d’emplois supplémentaires. C’est autant de personnes qui ont retrouvé une dignité et un pouvoir d’achat amélioré. Il est vrai que le niveau de pauvreté est à peine amélioré. Mais il ne s’est pas aggravé. Beaucoup de personnes ont vu leur situation s’améliorer. Toutes ces critiques sont tellement excessives et tellement injustes. Je combats ce dénigrement systématique. Ce pessimisme ambiant. Le niveau de pauvreté s’est amélioré par rapports aux Trente Glorieuses. Pourtant, nos concitoyens ont l’impression que cette situation se dégrade. A nourrir quotidiennement, et notamment via les extrêmes, le dénigrement pour conquérir le pouvoir, on finit par abîmer la société et confiner nos concitoyens dans le pessimisme. La colère n’amène rien de bon.
Etes-vous encore un homme de gauche ? La politique d’Emmanuel Macron est-elle de droite ou de gauche ?
Je suis un homme de gauche, un écologiste. Mon engament initial a été l’écologie, avant d’être un engagement de gauche. D’ailleurs, si on veut régler ce problème, on doit dépasser les clivages. Dans bon nombre de cas, les clivages gauche/droite son dépassés. Cela ne veut pas dire que la droite et la gauche n’existent pas. Les valeurs sont un peu différentes. Moi, je me fais fort de dépasser les clivages politiques, même si je suis profondément de gauche. Une gauche réaliste et concrète, qui a envie d’avancer pour les concitoyens. Je ne veux pas d’une gauche de protestation matin, midi et soir, qui essaie juste d’énerver nos concitoyens pour leur expliquer comment ils doivent être malheureux et comment ce sera tellement mieux quand ils seront au pouvoir. Je réfute cette façon de cliver la société.
Ces quatre prochaines années de mandat ne risquent-elles pas d’être longues ? Le risque d’une arrivée du Rassemblement National aux responsabilités ne se profite-t-il pas pour 2027 ?
Jusqu’au débat sur les retraites, nous avons gouverné. Certes, avec une majorité relative. Une trentaine de textes ont été adoptés. Personnes ne s’est dit à ce moment-là, on ne peut pas gouverner. On peut gouverner. Il s’avère que l’on se retrouve avec ce sujet des retraites dans une situation extrêmement difficile, mais cela a toujours été le cas. Lorsqu’en 2010, on est passé de 60 à 62 ans, c’était la même chose. Tous les syndicats étaient contre. Simplement, il y avait encore une majorité absolue qui permettait, peut-être, d’adopter plus facilement le texte. Je ne suis pas devin. Je ne veux pas préjuger complètement de l’avenir. J’espère que l’intérêt de la France et des Français prévaudra et que les uns et les autres sauront se rassembler sur un certain nombre de textes : sur l’industrie verte, sur l’immigration, la réforme de la justice , … . Tous ces sujets doivent avancer. Nous n’avons pas le choix. Un remaniement ministériel n’empêcherait pas la majorité d’avoir le même problème. Une dissolution ne changerait pas les choses et les trois blocs actuels seraient sans doute confirmés. Il faudra faire avec la situation telle qu’elle est. Il faut avancer car l’immobilisme favoriserait l’arrivée de l’extrême droite, qui est souvent très pauvre en proposition. C’est vrai que pour nous, c’est un enjeu qu’à la fin de ce mandat, le camp progressiste poursuive à aider les Français et à faire prospérer le pays.
Le prochain scrutin sera les élections européennes, en juin 2024. Est-ce un enjeu important pour votre parti, la majorité présidentielle ?
Toutes les élections représentent un enjeu important. Evidemment, pour la majorité présidentielle, l’Europe est essentielle. Emmanuel Macron est reconnu comme un Européen convaincu, engagé et efficace. Se replier sur notre pays, c’est l’amener au déclin. Les grands enjeux d’aujourd’hui, qu’il s’agisse de la finance internationale, des échanges commerciaux, des fraudes, de l’immigration, du climat, … ont une dimension mondiale pour lesquels l’Europe doit pouvoir peser face aux autres continents. Nous réglerons les grands enjeux planétaires et la situation des Français qu’avec une union européenne plus forte. Le repli nationaliste est le déclin de notre pays. C’est s’exposer à des conflits, voire des guerres. On voit comment le nationalisme russe conduit à l’invasion en Ukraine.
L'interview de la rédaction
2,3 millions d’euros, c’est la somme qui a été allouée par le Conseil Départemental du Doubs au territoire du Plateau de Frasne et du Val du Drugeon pour la période 2022-2028 dans le cadre du contrat P@C.
Avec ces moyens, ce territoire veut développer des services porteurs de cohésion sociale et facilitant l’accès au numérique, aménager les espaces publics pour apaiser les circulations et favoriser les mobilités douces et rénover des bâtiments publics et les infrastructures pour contribuer à la transition écologique.
C’est un événement qui a fait les beaux jours du lac Saint-Point, jusqu’au printemps 2019, et que le Covid-19 est venu perturber. Après Trois ans d’interruption, le syndicat de la Vallée des Deux Lacs, en lien avec les municipalités et les associations de chaque village, relance la très célèbre journée « sans voiture autour du lac ». Il s’agit de 16ème édition qui se tiendra le dimanche 11 juin 2023.
Le principe n’a pas changé. La route qui entoure le lac sera interdite aux voitures et entièrement dédiée aux mobilités douces. Elle sera accessible aux marcheurs et aux deux roues non motorisées comme les vélos, rollers ou encore skateboards. Il sera d’ailleurs possible de louer des vélos, électriques ou non, lors de cette journée. De très nombreuses animations jalonneront le parcours et seront présentes dans les villages bordant le plan d’eau. « On va pouvoir compter sur la possibilité d’avoir accès à différentes animations et loisirs, comme des murs d’escalade, des bateaux électriques, des pédalos, de l’aviron, des animations musicales, des démonstrations de roller et de trottinette, ou même des animations culturelles, du street art, et bien d’autres choses encore ! » indique Julien Vrignon, le directeur de l’office du tourisme du Pays du Haut-Doubs. Sans oublier les buvettes et la restauration, disponibles dans les différents villages. « L’occasion de promouvoir les mobilités douces sur le territoire du Haut-Doubs, en rendant accessible à toutes et à tous, une fois par an, cet espace préservé, pendant un moment sans voiture, de manière aussi à découvrir ou redécouvrir ce lac » ajoute Julien Vrignon.
Un événement permettant de se déplacer en toute tranquillité au bord du lac Saint-Point, dans un cadre exceptionnel à disposition de la population locale, des touristes et des personnes de passage. La programmation est encore en cours d’élaboration, d’autres animations pourraient venir se greffer à cette journée riche et variée, et quelques ajustements se mettent doucement en place. Toutes les actualités sont à retrouver sur l’office du tourisme du Pays du Haut-Doubs, qui communiquera largement sur cet événement en temps voulu.
En sport. Le cycliste franc-comtois Thibaut Pinot est toujours en bleu sur le Giro, le Tour d’Italie. Il conserve le maillot de meilleur grimpeur, qu’il avait décroché la veille. Cette quatrième étape a été remportée par le Français Aurélien Paret-Peintre ( AG2R-Citroën). La compétition se poursuit ce mercredi avec un parcours long de 171 kilomètres.
La question de la défense des libertés est plus que jamais d’actualité, dans un pays au contexte social et politique très tendu. La Ligue des droits de l'Homme, cette association de défense des droits humains qui se donne pour objectif d'observer, défendre et promulguer les droits de l'homme au sein de la République française dans toutes les sphères de la vie publique, s’inquiète de cette situation. Une possible remise en question de ses subventions par le ministre de l’Intérieur, une Première ministre qui déclare ne plus comprendre certaines positions de la LDH. La fracture est-elle naissante entre l’association et l’Etat ? Le journal Le Monde publiait une tribune la semaine dernière « La défense des libertés est devenue le sujet le plus brûlant de la période » dans laquelle le président de la LDH, Patrick Baudouin, ainsi que ses présidents et présidente d’honneur affirment que le mépris de la démocratie parlementaire et sociale s’étend désormais aux droits fondamentaux. De notre côté, la rédaction s’est entretenue avec Barbara Romagnan, ancienne députée, et présidente de la section de la LDH à Besançon.
Bonjour Barbara Romagnan. En France, de plus en plus de préoccupations gravitent autour de la défense des libertés. Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH s’est exprimé il y a quelques temps à ce sujet, en pointant son inquiétude, tout comme de nombreuses personnalités et instances. En tant que présidente de la LDH à Besançon, quelle est votre position, quel constat dressez-vous aujourd’hui ?
La France que l’on appelle le pays de la Déclaration des Droits de l’Homme, devient le pays de la déclaration et non pas des droits, qui sont de moins en moins respectés. Il y a eu une mobilisation massive contre la réforme des retraites, et quoiqu’on en pense, elle a été adoptée dans des conditions peu démocratiques. Les citoyens continuent de manifester et comment réagit le pouvoir ? Il fait la sourde oreille, envoie la police dont ce n’est pas le rôle, pour intimider, faire taire les expressions de désaccord. Par ailleurs, deux autorités indépendantes françaises, dont les responsables ont été nommés par le président de la République, je pense à la Défenseure des Droits et la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, se sont non seulement inquiétés, mais ont dénoncé les atteintes à l’Etat de droit par la présidence de la République et par le gouvernement. Elles dénoncent des choses extrêmement graves. L’usage abusif de la force, de la garde à vue, des outils dissuasifs. Et au-delà de ce qu’elles dénoncent, le ministre de l’Intérieur lui-même, qui devrait être garant de cet Etat de droit, conteste le principe même d’autorité indépendante.
Est-ce que les crises sanitaires ou politiques justifient une restriction des libertés ?
Dans tous les cas, ce qu’on constate, c’est que ces restrictions de libertés, soi-disant mises en place pour une situation particulière, persistent. On l’a vu très récemment, y compris dans le Doubs. Le préfet a pris un arrêté pour empêcher les gens de venir manifester leur désaccord. Une simple manifestation démocratique. Et pour ça, ils ont utilisé la loi antiterroriste, qu’ils ont détourné de son usage réel.
Une possible remise en question de ses subventions par le ministre de l’Intérieur, une Première ministre qui déclare ne plus comprendre certaines positions de la LDH. Pourquoi la fracture est-elle naissante entre votre association et l’Etat ?
Parce que ces associations, notamment la LDH, sont des contre-pouvoirs qui rappellent l’Etat à l’ordre quand il ne respecte pas lui-même la démocratie. Et c’est bien ce qu’il se passe.
Henri Leclerc, le président d’honneur de la LDH, explique que l’Etat profite des moments de peur collective pour restreindre les libertés. C’est un sentiment que vous partagez ?
C’est un sentiment que je partage. Les lois pour l’état d’urgence sont finalement des lois qui étaient adoptées au prétexte des attaques terroristes, qui elles sont réelles. Et aujourd’hui c’est ce dispositif qu’on utilise pour empêcher des gens de manifester quand le président de la République vient au Fort de Joux.
La justice aujourd’hui, malgré son délabrement, peut-elle être un rempart contre les atteintes aux libertés ?
Bien sûr. Encore ne faudrait-il pas trop la déshabiller, et lui donner les moyens de faire son travail. Ce qui n’est pas non plus le cas aujourd’hui.
J’imagine que vous avez eu vent des récents événements sur notre territoire, peu de temps avant la venue d’Emmanuel Macron au Château de Joux, avec l’interpellation et le placement en garde à vue d’un journaliste indépendant et d’un syndicaliste.
C’est particulièrement scandaleux. Non seulement cette garde à vue de Toufik de Planoise, ce journaliste bien connu, qui intervient la veille du déplacement d’Emmanuel Macron. Il ne faisait que son travail, il documentait une manifestation qui avait lieu sur le territoire bisontin. Il avait le droit d’être là où il était, et même mieux, le schéma du maintien de l’ordre lui donnait normalement la responsabilité de lui permettre de faire son travail. Parce qu’on considère qu’il est essentiel pour la démocratie. Le droit de la presse n’est pas un privilège pour des journalistes, c’est la possibilité pour nous citoyens d’être informés de ce qu’il se passe, et donc une garanti de notre Etat de droit.
Depuis la loi anticasseurs de 1970, abrogée ensuite par Mitterrand en 1981, des lois ont tenté de limiter la liberté de manifester. On pense notamment à la loi sécurité globale de 2021. Aujourd’hui, les arrestations et les gardes à vue préventives de manifestants pacifiques sont une atteinte à ce droit et on remet de plus en plus en question cette liberté de manifester.
Oui elle est absolument remise en cause. Pour reprendre l’exemple de Besançon, la manifestation massive et calme du 1er mai a donné lieu à 33 gardes à vue de personnes. 17 ont été relâchés le soir même, sans aucune mis en cause. Cela veut dire qu’au moins 17 personnes ont été placées en garde à vue, sans motif légitime. Ces gens ont été privés de liberté sans raison. C’est extrêmement grave, c’est une façon d’essayer de dissuader les gens de manifester, d’exprimer leur point de vue. Les parlementaires ne peuvent pas débattre et ne peuvent pas voter. On pense au 49.3. Les organisations syndicales qui écrivent au président de la République n’ont même pas de réponse à leur courrier. Les gens manifestent, le pouvoir est totalement inaudible, et en plus on envoie la police taper sur les manifestants. Ce n’est pas le rôle de la police et nombre de policiers doivent être bien malheureux de cette situation. Et les préfets prennent des arrêtés pour empêcher d’exprimer ce désaccord. Nous sommes clairement dans une situation de remise en cause de l’Etat de droit.
Vous êtes donc inquiète, aujourd’hui, de la situation des libertés en France.
Je suis inquiète depuis assez longtemps de la situation des libertés en France, ce qui change, parce que ces atteintes aux libertés existaient déjà avant, simplement aujourd’hui elles sont plus massives et plus visibles. Il y a déjà des gens dans la société, dont les libertés étaient remises en cause suite aux différentes dispositions de l’état d’urgence : les militants. Ce qui s’est notamment passé au moment de la conférence du sommet de Paris. Les personnes qui habitent dans les quartiers, les gilets jaunes, on l’a vu avec l’usage massif de garde à vue dites préventives, donc illégales, qui s’est beaucoup manifesté au mois de mai 2019. C’est très préoccupant.
Ce mardi, les différents financeurs engagés dans ce projet ont inauguré la modernisation et la mise en accessibilité de la gare de Pontarlier. Le coût de cet investissement s’élève à près de 2,5 millions d’euros. L’état, la SNCF et le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté ont soutenu financièrement ces investissements. Le chantier global a permis de mettre en accessibilité et modernisé le bâtiment voyageurs et mettre en accessibilité le quai 1.
La Ville de Morez Hauts de Bienne (Jura) lance une consultation pour la création de quatre passerelles dans le cadre du projet urbain Echappée Bienne. Architectes, designers et artistes sont invités à proposer des projets de passerelles originaux pour créer une ponctuation artistique et contemporaine sur le cheminement bientôt réaménagé des rives de la Bienne.
Les candidats peuvent retirer le dossier de consultation via le site achatpublic.com et ont jusqu’au 9 juin pour répondre à une première phase de candidature. Rappelons que la Ville de Morez Hauts de Bienne s’est engagée dans un ambitieux projet d’aménagement urbain qui s’articule autour d’un linéaire de 4 kilomètres le long de la rivière Bienne.
Le Château de Joux a été retenu pour participer au 1er tour des votes de l'émission de France Télévisions, le "Monument préféré des Français" présenté par Stéphane Bern. Cette année, un vote régional déterminera le monument qui représentera chaque région et concourra au titre de Monument préféré des Français 2023.
Depuis ce mardi 9 mai, et jusqu'au 26 mai prochain à minuit, vous pouvez voter sur le site de France Télévisions pour élire le Château de Joux comme le monument préféré des Français. https://www.francetelevisions.fr/et-vous/participer-a-une-emission/le-monument-prefere-des-francais-2915